17 octobre : une pointe de sobriété

Parcouru à vélo : Chalhuanca – Abancay | 122Km ~ 9h30

Rencontre avec un cycliste Brésilien au détour d’un virage. La différence d’équipement est frappante. Son vélo s’avère bien plus archaïque, dépourvu de tout outil spécialisé et d’un simple sac à dos déposé dans un panier en plastique. Son accoutrement n’en est pas moins modeste. Muni d’un chapeau en cuir brun, sandales aux pieds et tee-shirt en coton sur le dos, la facilité apparente avec laquelle le bonhomme sillonne la vallée m’impressionne.

Mon obsession pour la technique et l’efficacité en prennent un coup. Je réalise peu à peu la philosophie qui entoure ces voyageurs hors du temps dont l’objectif parait rarement ancré. L’un ne possède pour bagage qu’une destination, peu importe le temps nécessaire, tandis qu’un autre n’a pour instruction qu’une date de retour, se laissant porter par le vent.

La cité d’Abancay, installée à la manière d’un funambule dans la surnommée vallée du printemps éternel.
@loindesyeux

L’effacement de la mesure

L’événement de l’après-midi ne viendra que réconforter la leçon matinale. Le capteur de vitesse s’est décollé de ma roue tandis que je dévalais une pente, privant ainsi le compteur kilométrique de toutes données.

Luxueuse catastrophe. Je rebrousse chemin, arpentant le bas côté de la route à la recherche du petit aimant. C’est peine perdu, mieux vaut alors réaliser la chance avec laquelle j’ai pu progresser jusqu’ici. Aucun bris, nulle rencontre désagréable et une santé réjouissante. Un cocktail élémentaire dont la richesse devrait suffire à chacun.

C’est alors que je renfourchais ma bécane, achevant cette chute de 2000 mètres pour la moins excitante, mais également annonciatrice d’un lendemain plus tortueux. Il est une règle au sein des montagnes, bien que chaque cycliste tente en vain de la réfuter, promettant sans cesse l’exception lors du prochain coup de pédale : chaque descente annonce une remontée.

Les gorges de la vallée balayées par ce vent tropical apaisaient certainement mes nerfs. En quelques centaines de kilomètres, les Andes pouvaient dessiner le désert le plus agressif qu’il soit, nécessitant une navigation digne d’un Touareg, tout comme présenter une rivière hospitalière aux berges luxuriantes rappelant les décors d’Amérique central. Les Incas ont su en dompter toutes les facettes.

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