14 octobre : pieds sur terre

Première journée de repos depuis le départ à vélo. Cette pause va servir de préparatif pour le trajet à venir; j’ai retenu la leçon d’hier. Voici donc les objectifs :

  1. Faire le plein d’essence pour alimenter le réchaud dont je ne me suis pas encore servi jusqu’à présent;
  2. Acheter une bonne quantité d’eau et de quoi se nourrir pour deux jours;
  3. Aspect plus organisationnel, vérifier l’itinéraire et la présence de villages pour limiter les imprévus;

Concernant la nourriture, je privilégie les fruits telles que les bananes et les pommes (fibres et vitamines), des biscuits ou des gâteaux (du sucre finalement), du pain (féculent) et des pâtes en sachet (mets salés et simples à préparer). Bien sûr des extras peuvent venir compléter le panier mais voici le minimum que je tiens à transporter.

A propos des fruits, le choix des bananes et des pommes ne relève rien du hasard. Ils sont économiques, pratique à transporter et figurent probablement parmi les fruits les plus nourrissant. De plus, il faut éviter les fruits dépourvus d’une pelure dû à l’impureté de l’eau.

Pour l’eau justement, je prévois d’emporter 2.5 litres répartis dans deux gourdes et une pochette. La quantité me parait suffisante compte tenu du poids, à condition de ne pas en abuser.

Concernant l’itinéraire, j’ai cette fois-ci entrecoupé trois cartes et j’ai réalisé par la même occasion que chacune d’entre elle comportait des données différentes. Sur mon téléphone, je dispose ainsi de deux applications, OSMand basé sur les cartes Open Street Map me servant de GPS et Maps.me disposant également de cartes hors ligne. Pour finir, une carte papier du Sud du Pérou vient compléter l’électronique.

D’ordinaire je me fixe un objectif la veille et selon les conditions de la route, durant la journée, j’essaye de planifier un arrêt pour manger ou vérifier la distance avec la prochaine ville.

Je profite du temps restant pour réviser le vélo et revoir l’organisation des bagages. L’idée consiste à balancer davantage de poids vers l’avant sans pour autant nuire à la stabilité. Nous verrons bien le résultat demain.

David Almeida
Paysage de la région de Puquio, Ayacucho – David Almeida

Début d’aventure

A mon arrivée hier j’ai effectué un tour de la place centrale, sorte de carrefour où les habitants se réunissent ici matin comme soir. Entourée par les principaux commerces tels que la banque ou la pharmacie, la place constitue un lieu d’échange social important. Une atmosphère très paisible règne sur la petite ville de Puquio. Les enfants viennent de terminer l’école et nombre d’entre eux traversent la plaza, taquinant une dernière fois leur camarade avant de se disperser et de rejoindre leur chez-eux. Un groupe de petites filles en uniforme bleu m’observe au loin, j’entends des rires et un timide bonjour de leur part.

Les tee-shirt de la veille ont laissé place aux vestes en polaire. Je suis le seul à porter un short et des sandales en cette après-midi. Malgré un soleil très clément, la ville perchée à 3200 mètres se montre beaucoup plus frileuse et les habitants semblent tenir à partager le peu de chaleur dont ils disposent.

En continuant à marcher, les salutations ne s’arrêtent pas moins. Les signes de bienvenu sont nombreux, des groupes d’ainés viennent même me serrer la main et entament la discussion, éprouvant à la fois sympathie et curiosité. Deux questions reviennent quasi-systématiquement : suis-je marier ? Et pourquoi suis-je seul ?

Si la première semaine de mon voyage m’avait laissée perplexe – adaptation, vélo le long de l’autoroute, villes grisâtres et circulation dense -, en une demie-heure ma perception venait de complètement changer. J’ai vraiment l’impression de découvrir un nouveau pays.

Balade sur trois roues

L’après midi, je me suis promené autour du marché pour y découvrir une masse d’artisans importantes : boulangers, fromagers, serrurier, bidouilleurs d’électronique… Tous s’installent à même la rue, le plus souvent accompagnés d’une charrette ou d’un stand mobile. Je m’arrête et j’observe leur travail en silence. Les actes les plus rudimentaires paraissent fascinant et en se concentrant un peu, on pourrait presque remonter le temps.

L’économie et l’organisation de la ville, paraît très centrée sur l’auto-suffisance. Évidemment la situation géographique de la ville, exclue de la côte et située à 3h de la plus proche agglomération, force un peu les choses.

Le modèle de transport compose également un point d’analyse intéressant. Des dizaines et des dizaines de moto-taxi couvrent la ville de fond en comble. Plusieurs de ces véhicules croisent votre chemin à chaque minute sur les rues les plus empruntées. La course régulière monte à 1 soles – le prix d’une petite bouteille d’eau – un moyen parfaitement accessible pour l’ensemble des habitants au point que les enfants bénéficient de leur chauffeur privé à la sortie de l’école.

Je ne cesse de me poser cette question : vaut-il mieux une armée de mini-taxis anarchistes au coût dérisoire, ou une architecture claire et bien équipée à un prix moins accessible ?

Ci-dessus ma première utilisation de la GoPro du voyage. En cette fin d’après midi, j’ai sauté dans un des fameux moto-taxi pour me laisser guider au travers de la ville.

1 Comments

  1. organisation précise sous de nombreux aspects , curiosité éveillée et assimilée , description vivante de ce périple , ouverture réfléchie sur un nouveau monde . Bravo

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