08 octobre : décollage

Au moment même où j’écris ces lignes, j’approche du mi-trajet Toronto-Lima (7h). Assis à côté d’une péruvienne, j’ai pu rafraichir mon espagnol en lui présentant mon projet de voyage et surtout profiter de sa grande patience. Complétez donc chaque début et fin de phrase de votre interlocuteur sans même savoir s’il comprend pour saisir le dévouement de cette femme.

Forêt bleue

Je brule des étapes mais avant d’embarquer pour Lima, j’avais un transfert depuis Montréal – ville de départ dans laquelle je réside depuis 2 ans – vers Toronto. Durant ce précédent vol, la tête collée au hublot, j’ai pu admirer l’étendue de la forêt canadienne. Comme si une immense nappe verte à pois bleus aurait été délicatement déposée sur le sol. On dénombre en effet tellement de lacs dans le pays, qu’ils n’ont pas fini d’être nommés. Cette abondance, cette richesse, ce privilège dont je dispose, puis-je réellement le concevoir ?

Je ne me rends pas encore bien compte de la dimension du voyage qui m’attend. Il faut dire que ces dernières semaines se sont écoulées à une telle vitesse ! Depuis le début de l’été, j’avais pour seule idée en tête de voyager, mais où ? Dès le départ, le vélo constituait un argument prioritaire. Je reste convaincu que ce dernier représente la meilleure façon d’explorer un territoire car il offre une grande liberté d’action.

Pour tout dire, je n’ai pas adopté l’Amérique du Sud d’entrée de jeu. Aux premiers abords, Vancouver m’avait paru une bonne destination avec une éventuelle descente de la côte ouest américaine. J’allais y pratiquer mon anglais et expérimenter le WOOFING, du travail en ferme non rémunéré mais où chaque bénévole se voit nourri/logé.
C’est en fait au travers de mes lectures sur le cyclisme que mon attention s’est tournée sur l’Amérique latine et rapidement plusieurs éléments m’ont confirmé cette piste. Quitter l’occident pour la première fois, découvrir une nouvelle culture et mener une traversée en ces lieux encore préservés s’annonçait beaucoup plus excitant.

Anecdote de touriste

Au départ du voyage, à l’aéroport de Montréal, le passage aux douanes ne s’est pas déroulé tout à fait comme d’habitude.
Je traverse la porte de sécurité et soudainement un bruit s’émet. Me voilà sélectionné pour un contrôle aléatoire au scanner de mise à nu. Surpris, je questionne sur un ton ferme si un tel contrôle s’avère obligatoire. L’agent, bredouillante, finit par dire non et un collègue pour le moins mécontent vient procéder à la fouille corporel. Je viens en effet d’interrompre la quiétude procurée par cette machine représentant à elle seule plusieurs années le salaire de monsieur. Insatisfait par la situation, l’employé me le fait savoir et je lui en remercie. Cela prouve à quel point l’intégration d’une machine peut déresponsabiliser (le gars qui quelques mois plus tôt usait de ses mains tous les jours) et donc que la société n’a pas encore acquis la maturité suffisante pour accueillir ce genre de technologie.

4 Comments

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  1. Le site met un temps fou à répondre, mais c’est un plaisir de lire ce début de voyage ! 🙂

  2. Première expérience d’aventure individuelle et première  » livraison littéraire  » de ces moments de découverts ; Très bonne entrée , qui booste la suite

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